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Mardi 2 janvier 2007 2 02 /01 /Jan /2007 10:00


A lire dans le Parisien du 28 décembre :


Une ferme pour stopper l'urbanisation

L'ENSEMBLE n'a pas encore des airs de « petite maison dans la prairie », mais ça ne saurait tarder. La mairie de Verrières-le-Buisson vient de se voir attribuer une subvention de 21 000 € du conseil général. Un chèque qui va lui permettre de lancer des études préalables à la création d'une véritable ferme sur la commune.A la base de ce projet un peu fou, la volonté municipale de préserver ses espaces verts d'un urbanisme particulièrement envahissant en petite couronne. Sur l'ensemble de l'Essonne, crise du logement oblige, les hectares agricoles sont de plus en plus nombreux à servir de terreau à la croissance des pavillons (voir encadré). Au grand dam des associations de sauvegarde de l'environnement. A Verrières, au total, 7 ha de friches ont été recensés, parsemés pour l'instant d'herbes folles et de genêts. Une partie sera proposée aux habitants pour des jardins familiaux. Une autre sera confiée à une Amap, une association pour le maintien de l'agriculture paysanne, toujours au lieu-dit les Rissolles, aux abords du hameau d'Amblainvilliers. Le principe est simple : installer un maraîcher, dont la récolte est prévendue aux adhérents de l'association qui, chaque mois, reçoivent en contrepartie un panier de légumes de saison produits sur place. D'ores et déjà, 2 ha sont prêts à être confiés à l'Amap les Jardins de Cérès. Une association qui coordonne selon le même principe la vente directe de produits chez un agriculteur à Villiers-le-Bâcle.


« Redonner un rôle à ces terrains pour les préserver du béton »


Surtout, et c'est là la grande nouveauté de cette initiative, une ferme sortira de terre, dont la construction débutera dans le courant de l'année prochaine. Pris en charge par la commune, qui sollicitera des subventions, le coût du bâtiment devrait se situer entre 220 000 et 250 000 €. S'il n'accueillera pas d'animaux, il devrait comporter une pièce pour laver les légumes, une chambre froide et un petit appartement, le tout aux normes haute qualité environnementale (HQE). « Nous souhaitons même aller au-delà, détaille François Lerique, le président des Jardins de Cérès, par exemple en enterrant en partie le bâtiment pour qu'il soit tempéré ou en utilisant au maximum la lumière extérieure. » « Il est indispensable de redonner un rôle à ces terrains pour les préserver du béton et maintenir la qualité du paysage, argumente quant à lui Christian Sifre, responsable environnement à la mairie de Verrières. On peut toujours faire des conservatoires ou du débroussaillage, mais en matière d'environnement, si l'endroit n'a pas une fonction sociale, il finit toujours par disparaître. »


Nicolas Jacquard


Des champs de plus en plus difficiles à protéger

C'EST une version revue et corrigée du pot de terre contre le pot de fer. Dans les années à venir, nul doute que terres agricoles et lotissements entreront en conflit direct. D'ores et déjà, alors que plus de 50 % de la surface du département est encore constituée de champs, l'Essonne a consommé près de 4 000 ha agricoles ces dix dernières années.Soit 20 % de plus que les espaces urbanisables alloués par le schéma directeur régional d'Ile-de-France (Sdrif), actuellement en révision. « Paradoxalement, en Essonne, il y a toujours un déficit de logements neufs, constate François Lerique, des Jardins de Cérès, l'association qui travaille à la construction d'une ferme à Verrières (voir ci-dessus). En clair : on surconsomme en construisant par exemple des pavillons. » Ou des entrepôts logistiques, pour lesquels l'Essonne est championne toutes catégories. C'est un fait : les besoins en logement restent énormes. Rien qu'en termes de HLM, le département compte environ 25 000 demandes non satisfaites. Globalement, l'Etat entend ainsi construire 60 000 habitations par an en Ile-de-France jusqu'en... 2030. « Tous les bourgs du Sud-Essonne ont déjà initié des lotissements à grande vitesse, renchérit Denis Rabier, président du Syndicat des agriculteurs de l'Essonne. A l'avenir, la pression immobilière va encore s'accentuer et on devrait enregistrer une baisse conséquente des surfaces cultivées. » D'autant que 30 % des agriculteurs essonniens ont plus de 50 ans et que le département n'enregistre que sept reprises par an. La préservation de vastes enclaves cultivables ? Denis Rabier n'y croit pas : « Quand on ne laisse que 500 ou 600 ha de terres cultivées cernées par un tissu urbain, les accès pour les engins agricoles ne fonctionnent plus, les repreneurs fuient, bref, c'est la mort assurée. »





Par Mon Verrières
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