Jeudi 10 janvier 2008
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Emmanuelle Roy est
une artiste verrièroise de talent. Dans ses mains, la terre devient céramique, le petit défaut son originalité. A 26 ans, elle présente et vend ses premières oeuvres sur internet : voir sa galerie sur le site Loftgalerie
Emmanuelle Roy nous présente son travail :
"Dans ma pratique artistique, je me réapproprie des codes issus de l’univers domestique et les réinterprète dans des sculptures très spontanées. Elles évoquent des objets faisant partie de notre
quotidien mais sont toutes habitées d’une vie propre.
J’ai choisi de pratiquer la céramique parce que c’est un matériau que l’on peut travailler directement avec ses mains sans l’intermédiaire d’un outil. Je choisis des terres qui permettent un
travail très spontané et violent dans les gestes qu’on leur inflige. J’utilise les techniques les plus basiques, créant mes formes et mes couleurs de manière empirique et me fiant au hasard de la
cuisson. J’aime les imprévus, les accidents qui surviennent lors de la réalisation d’un objet. La forme découle directement du processus de fabrication employé. C’est pour cela que je laisse
apparentes sur mes objets toutes les traces de sa réalisation.
J’utilise des formes de contenants. Cependant, mes objets ne sont pas de vrais contenants, ils sont percés ou bien n’ont pas de fond. Ils n’en sont que des évocations.
Le décor ajouté à ces formes fait partie intégrante de l’objet, il joue avec et le met en valeur. Il intervient directement dans la masse, il s’y incorpore, exploitant les défauts inhérents à sa
construction.
Ce décor est réalisé à partir de différents objets que je collectionne : tampon textile, figurines pour enfants. Ils sont pour moi des vecteurs de poésie. J’en fait des empreintes dans la terre
fraîche ou les moules pour les reproduire et les amasser sur mes objets. Je leur laisse les traces des coutures du moule, les éventuelles déformations apparues pendant le démoulage,... Chaque
élément de décor a un défaut, une matière, une identité propre même s’ils sortent tous du même moule.
La vision est ainsi brouillée et les décors semblent prendre vie et grouiller sur la forme. Le décalage ainsi provoqué crée la surprise et l’amusement.
Mes oeuvres nous rappellent notre quotidien, mais prennent ici une dimension proche de l’absurde. D’objets, ils deviennent environnements à part entière dans lequel évoluent les personnages, des
environnements propices à la rêverie (à moins que ce ne soit au cauchemar...). La terre se transforme en boue, le motif devient jungle et les petits soldats se changent en cadavres. À l’échelle
de l’objet, le jeu devient cruel."
Par Fabrice
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