Lundi 31 décembre 2007
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CERTAINS n'avaient pas hésité à se coller leur bulletin de salaire sur le dos pour prouver leurs dires. Hier, en fin de journée, des salariés du magasin Champion de
Verrières-le-Buisson ont débrayé une heure et demie, laissant juste cinq ou six employés en caisse. Motif ? Des salaires trop bas, des conditions de travail de
plus en plus difficiles...
Ce rassemblement, lancé à l'appel de la CGT, faisait le pendant à celui organisé hier matin à Boulogne-Billancourt (92).
« Certains clients déplorent un accueil qui se dégrade, confie Laurent Lamaury, délégué CGT national. Une fois qu'ils connaissent nos conditions de travail, ils sont
moins étonnés. » Et il exhibe son bulletin de paie : 1 026,27 € net pour un mois, pour douze ans d'ancienneté. Derrière lui, une collègue enchérit : « J'ai 25 ans d'expérience dans la chaîne, et
je touche 807 € par mois pour un temps partiel à 32 heures par semaine. »
Au tour de Morangis ce matin
Des informations qui convainquent les clients de signer la pétition des salariés. « Ils sont vraiment sous-payés, s'exclame une dame. C'est d'autant plus scandaleux
qu'ils font des heures à rallonge : ils commencent tôt le matin, finissent tard le soir, et cela du lundi au samedi. »
Selon le directeur du magasin de Verrières, les conditions ne sont pas si mauvaises. « Au contraire, nous appartenons au groupe
Carrefour, qui offre de belles possibilités d'évolution, assure-t-il. Les salaires de base correspondent à peu près au SMIC, mais il y a les 13 e et 14 e mois, les primes de vacances, les primes
d'intérêt... »
Des propos qui manquent de faire s'étouffer les manifestants. « On touche juste le 13e mois, affirment les syndicalistes. Quand on réclame juste des tickets
restaurant, on nous répond que cela pourrait mettre en péril la société qui réalise pourtant de gros bénéfices. » Ce matin, ce devrait être au tour des salariés du Champion de Morangis d'exprimer leur mécontentement.