Lundi 3 décembre 2007
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Cette jeune Essonnienne saura dans quelques jours si elle est choisie pour partager l'affiche avec Daniel Craig.
VISAGE poupin encadré par de longs cheveux blonds, silhouette galbée, une paire de bottes en fourrure aux pieds : Andrea Sekulovic ne passe pas vraiment inaperçue
dans les rues de Verrières-le-Buisson. Elle y a posé ses valises il y a quelques mois. Un point de chute après beaucoup d'autres pour cette insatiable voyageuse
née à Sarajevo, exilée à Belgrade puis en France.
Pas étonnant que la belle parle six langues. De quoi s'illustrer dans les castings. D'ailleurs, elle les enchaîne en ce moment, à l'affiche de plusieurs
longs-métrages à sortir prochainement, dont le « Sans arme, ni haine, ni violence », de l'ex-Robins des Bois Jean-Paul Rouve, qui lui ouvrira en mai prochain les portes du Festival de
Cannes.
Mais en attendant, c'est la panoplie de James Bond girl, au côté de l'acteur Daniel Craig, qui pourrait lui servir de tremplin. La sélection finale s'opérera
mi-décembre à Londres. Andrea Sekulovic figure dans le dernier carré de prétendantes à côté de « collègues » de toutes les nationalités. « J'y vais sans me poser de questions,
assure-t-elle. C'est mon côté aventurière. J'adore les challenges. De toute façon, quand on part de rien, on ne peut que grimper. »
« J'y vais sans me poser de questions »
La tête dans les étoiles, donc, mais aussi les pieds bien sur terre. A 24 ans, mutine et gouailleuse, loin de la supposée froideur slave, elle livre sans rechigner
les aléas d'une jeune existence déjà bien remplie. Andrea a connu la guerre, évacuée par les casques bleus de Sarajevo avec le reste de sa famille. Elle écrase une larme, évoquant ce «
sentiment de culpabilité lorsque l'ONU vous emmène, vous, et que d'autres n'ont pas cette chance et doivent rester ».
Quand son frère et sa soeur poursuivent de brillantes études, elle sait depuis toujours qu'elle sera actrice. Papa travaillait dans la haute couture. « Toute
petite, je faisais des podiums. Toujours, je faisais mon numéro. Tout le monde me disait que ce serait ma voie. » Arrivée en France, la famille Sekulovic est d'abord sans papiers puis
réfugiée politique. « A Créteil, on était tellement nombreux dans l'appartement qu'on mangeait dans le parc ! » sourit-elle aujourd'hui.
Ce sera ensuite Massy, dans le quartier difficile de Villaine, où Andrea s'intègre sans ciller. Cette blonde pulpeuse que tout le
monde prend pour un sosie de Brigitte Bardot intègre le Cours Florent, véritable pépinière de talents. La technique en poche, elle et son mari, footballeur dans l'équipe réserve du PSG, claquent
tout sur un coup de dé. Direction les Etats-Unis, avec leurs deux enfants en bas âge et un visa en poche. Là encore, la chance frappe à la porte. La chaîne MTV l'embauche presque immédiatement.
Un an et demi plus tard, retour à Paris. « On est revenu sans rien, sourit Andrea. Mais je ne suis pas matérialiste. Dans la vie de ma famille, on nous a tout donné, puis tout repris, et à
nouveau tout redonné. »
Loin des paillettes, elle adore s'occuper de ses deux bambins, fuit les galas, se joue des clichés. L'image de la fille de l'Est, fantasme ultime du mâle occidental,
elle s'en moque. « C'est comme ça, les gens veulent toujours vous coller une étiquette. » On l'attendait beauté fatale, on découvre une jeune femme volubile.
« Tous les matins, je me lève en me disant que je suis la femme la plus heureuse du monde. J'adore changer de personnage, c'est mon côté manipulatrice,
plaisante-t-elle. J'observe les gens dans la rue. Ça m'inspire. »