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Lundi 22 octobre 2007 1 22 /10 /Oct /2007 11:13

Si Verrières ne dispose pas de lycée où sera lue la lettre de Guy Moquet, notre ville est attachée à la notion de souvenir. Deux enfants de Verrières, résistants, ont été fusillés pendant la deuxième guerre mondiale pour avoir résisté à l'occupation. Cette lettre aurait pu être celle de David Régnier, tombé pour la France à l'âge de 19 ans. Son oncle, autre héros de la résistance, enfant de Verrières, avait 40 ans lors de son exécution. Rappel de leurs deux vies qui ont marqué l'histoire de notre commune.

David Régnier (1925- 1944)



David Regnier, né à Verrieres-le-Buisson le 27 aout 1925, était étudiant au lycée Louis-le-Grand ; dès que les mouvements de résistance se mirent en œuvre ; il se fit un devoir d'y adhérer. Il délaisse ses études après avoir passé son baccalauréat et entre dans la résistance active en se spécialisant dans les distributions de tracts, de transport d'armes et de sabotage. Il n'arrêta pas une seule fois son action pourtant si périlleuse et ayant juré de venger son oncle, Honoré d'Estienne d'Orves fusillé par les allemands au Mont Valérien le 29 aout 1941, il entre, à seulement 17 ans, dans le mouvement de résistance de Philippe Viannay : "Défense de la France". Présent partout, son sens de l'organisation le place très vite à la tête d'une chaine du journal clandestin. Il est ensuite responsable de groupe franc spécial des Forces Françaises de l'Intérieur de la région parisienne nord et chargé d'assurer la protection de ceux qui distribuent du matériel de propagande et des armes.
Au printemps 1944, il rejoint le maquis de Seine-et-Oise organisé par Philippe Viannay et est chargé de la protection du camp de Roquerolles au nord de Pontoise en prenant également une part active à l'application du plan Vert, sabotant voies ferrées, lignes téléphoniques, ponts et routes. Il fait donc dérailler le 17 juin 1944 un train chargé de chars en pièces détachées sur la ligne Paris-Creil puis il attaqua à la mitraillette un convoi de troupes allemandes immobilisé par la destruction de la voie. Ce fut cependant sa dernière attaque. Sa section fut cernée et repérée le lundi 19 juin par une forte concentration allemande appuyée par des automitrailleuses, à la suite d'une dénonciation. Après un combat à 60 hommes contre 1000 et après des combats acharnés, David Régnier fut blessé après avoir abattu un commandant allemand. Il est fait prisonnier avec plusieurs de ses camarades et est fusillé le lendemain, 20 juin 1944 à l'Isle-Adam.
Cependant, avant d'être abattu par ses bourreaux, David Régnier cria à ses assassins qu'il n'avait qu'un regret : ne pas avoir tué plus d'allemands. David Régnier est inhumé au cimetière de l'Isle-Adam.



Pour tout ce qu'il a donné à la France, David Régnier a reçu 3 médailles : celle du Chevalier de la Légion d'Honneur, celle du Compagnon de la Libération et la croix de Guerre 39/45 avec palme.

Source et photos : Lycée Fustel de Coulanges (Massy)


Honoré d'Estienne d'Orves
(1901- 1941)



Issu d'une longue lignée de nobles provençaux, Honoré d'Estienne d'Orves est né le 6 juin 1901 à Verrières le Buisson (Essonne). Son père, directeur de Société, meurt en 1926.

Après de bonnes études à Saint-Louis de Gonzague et à Louis-le-Grand, il choisit de préparer le concours d'entrée à l'Ecole Polytechnique qu'il réussit en 1921.

Sorti de Polytechnique en 1923, il intègre l'Ecole navale.

Enseigne de vaisseau de 2e classe en octobre 1923, il embarque comme élève sur la Jeanne d'Arc. Il est ensuite affecté au cuirassé Provence puis à différents bâtiments de la Royale.

Promu lieutenant de vaisseau en 1930 et chevalier de la Légion d'Honneur en 1935, il entre à l'Ecole de Guerre navale pour un an en décembre 1936.

Au moment où la guerre est déclarée en 1939, Honoré d'Estienne d'Orves sert à bord du Jaguar où il remplit les fonctions de sous-chef d'Etat-major de la 2e Flottille de torpilleurs en Méditerranée. En décembre 1939, il est officier d'ordonnance à bord du Duquesne, dans la Force "X" , de l'Amiral Godfroy.

L'armistice de juin 1940 le surprend à Alexandrie.

Ne pouvant se faire à l'idée que sa patrie vaincue accepte la défaite, il constitue un groupe de marins et d'officiers déterminés comme lui à continuer la lutte, prend le nom de "Chateauvieux" (du nom de l'une de ses aïeules) et entre en contact avec les autorités de la France libre.

Il quitte Aden avec son groupe et après un interminable voyage de deux mois autour de l'Afrique, rejoint le général de Gaulle à Londres le 27 septembre 1940.

Sur place, il rencontre l'amiral Muselier mais ne trouve pas d'emploi convenant à l'activité dont il déborde. Promu capitaine de corvette le 1er octobre 1940, le poste de chef du 2e Bureau de l'état-major des Forces navales françaises libres (FNFL) lui est offert ; il l'accepte en attendant mieux mais ne tarde pas à solliciter la faveur de passer en France pour y organiser un réseau de renseignements.

Ayant convaincu le général de Gaulle, d'abord réticent, de monter une liaison avec la France et de développer et coordonner le réseau embryonnaire qui a pour nom de code Nemrod et qui a vu le jour à l'initiative de Maurice Barlier et Jan Doornik dès septembre 1940, il est affecté dans ce but à l'Amirauté britannique à partir du 15 décembre 1940.

Il embarque, à Newlyn, le 21 décembre 1940, sous le pseudonyme de "Jean-Pierre Girard", avec un radio télégraphiste, Georges Marty, sur un bateau de pêche, la Marie-Louise, à destination de Plogoff. Installé chez les Clément, à Chantenay-sur-Loire près de Nantes, parfaitement aidé dans ses déplacements par Maurice Barlier, il rayonne à travers toute la Bretagne et ne tarde pas à mettre sur pied l'organisation précise du réseau. Il transmet en outre des renseignements capitaux sur les défenses côtières allemandes, les sous-marins, les aérodromes et les dépôts d'essence de la région nantaise.

Du 6 au 19 janvier, il se rend à Paris pour organiser un second réseau. Il rencontre Jan Doornik et de nombreuses personnalités. De retour à Nantes, le 20 janvier, il se réinstalle chez les Clément. Ceux-ci ont mis leur maison à son entière disposition, et lui font part de leur inquiétude au sujet du comportement suspect de Marty. Honoré d'Estienne d'Orves décide alors de renvoyer son radio à l'occasion du prochain voyage à Londres. Mais il est déjà trop tard. Le 22, les Allemands envahissent la demeure. Après avoir résisté, d'Estienne d'Orves, le visage en sang, est menotté et conduit avec ses compagnons à Angers.

La trahison de Marty permet également aux Allemands d'arrêter Barlier, Doornik et l'ensemble du réseau, au total 26 personnes. Le 24 janvier, les inculpés sont dirigés sur Berlin puis brusquement ramenés à Paris, à la prison du Cherche-Midi. D'Estienne d'Orves, mis au cachot, est soumis à un régime particulièrement rigoureux. Son moral ne s'en ressent pas. Il trouve même le moyen de galvaniser l'énergie de ses compagnons.

Le procès commence le 13 mai. Prenant sur lui toute la responsabilité, il défend ses co-inculpés. Le 23, la Cour martiale rend son jugement. Le capitaine de frégate d'Estienne d'Orves et huit de ses camarades sont condamnés à mort et transférés à Fresnes.

Le conseiller juridique allemand Keyser prend sur lui d'aller à Berlin demander la grâce des condamnés. Vaine démarche. Le 28 août au soir arrive l'ordre de passer par les armes, dès le lendemain, les trois principaux responsables : d'Estienne d'Orves, Barlier et Doornik, les six autres bénéficiant de remises de peines.

L'exécution a lieu le lendemain, 29 août à l'aube, au Mont Valérien. Honoré d'Estienne d'Orves a été inhumé à Verrières le Buisson.

Source et photo : Compagnons de la libération



La lettre de Guy Moquet sera lue, pour le souvenir, dans les classes des lycées de France. En voici l'intégralité :


 
"Ma petite maman chérie,
 
mon tout petit frère adoré,
 
mon petit papa aimé,
 
Je vais mourir ! Ce que je vous demande, toi, en particulier ma petite maman, c'est d'être courageuse. Je le suis et je veux l'être autant que ceux qui sont passés avant moi. Certes, j'aurais voulu vivre. Mais ce que je souhaite de tout mon cœur, c'est que ma mort serve à quelque chose. Je n'ai pas eu le temps d'embrasser Jean. J'ai embrassé mes deux frères Roger et Rino. Quant au véritable je ne peux le faire hélas ! J'espère que toutes mes affaires te seront renvoyées elles pourront servir à Serge, qui je l'escompte sera fier de les porter un jour. A toi petit papa, si je t'ai fait ainsi qu'à ma petite maman, bien des peines, je te salue une dernière fois. Sache que j'ai fait de mon mieux pour suivre la voie que tu m'as tracée.
 
Un dernier adieu à tous mes amis, à mon frère que j'aime beaucoup. Qu'il étudie bien pour être plus tard un homme.
 
17 ans 1/2, ma vie a été courte, je n'ai aucun regret, si ce n'est de vous quitter tous. Je vais mourir avec Tintin, Michels. Maman, ce que je te demande, ce que je veux que tu me promettes, c'est d'être courageuse et de surmonter ta peine.
 
Je ne peux en mettre davantage. Je vous quitte tous, toutes, toi maman, Serge, papa, en vous embrassant de tout mon cœur d'enfant. Courage !
 
Votre Guy qui vous aime.
 
Guy
 
Dernières pensées : Vous tous qui restez, soyez dignes de nous, les 27 qui allons mourir !"

Par Fabrice
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